En bref
Un site qui reçoit des visites sans générer de demandes souffre presque toujours de l'une de ces sept erreurs : une promesse floue, un site lent, un affichage mobile négligé, un appel à l'action absent, un formulaire décourageant, aucune preuve de sérieux, ou aucun suivi des résultats. Aucune ne demande de refaire le site. La plupart se corrigent en quelques heures, à condition de savoir laquelle vous concerne.
Il y a deux problèmes différents derrière « mon site ne me rapporte rien ».
Le premier : personne ne le trouve. C'est un problème de référencement, que j'ai traité dans pourquoi votre site n'apparaît pas sur Google.
Le second, plus frustrant : des gens le visitent, et repartent sans rien demander. C'est le sujet de cet article. Le trafic est là, c'est la conversion qui manque.
Un visiteur décide très vite s'il reste. Selon le Nielsen Norman Group, référence de l'ergonomie web, les internautes quittent souvent une page en 10 à 20 secondes. Pour retenir leur attention, il faut exprimer clairement sa proposition de valeur dans les dix premières secondes.
Or beaucoup de pages d'accueil s'ouvrent sur une phrase qui ne dit rien. « L'excellence au service de vos projets. » Le visiteur ne sait toujours pas ce que vous faites, ni où.
La correction : le premier écran doit répondre à trois questions. Que faites-vous ? Pour qui ? Où ? « Plombier chauffagiste à Hyères et La Londe, dépannage sous 24 h » fait le travail en une ligne.
La lenteur fait fuir avant même que la page s'affiche. Une étude publiée par Google en 2016 indiquait que 53 % des visites sur mobile sont abandonnées si la page met plus de trois secondes à charger. Le chiffre a dix ans, mais la patience des internautes n'a pas augmenté depuis.
Aujourd'hui, Google mesure la vitesse avec trois indicateurs appelés Core Web Vitals. Ses seuils recommandés :
La correction : testez votre site gratuitement sur PageSpeed Insights, en regardant l'onglet mobile. Les coupables habituels sont des images trop lourdes, des vidéos en fond d'écran et des extensions accumulées. Compresser ses images règle souvent l'essentiel.
Votre site a été validé sur un grand écran. Vos clients, eux, le regardent sur leur téléphone. Selon le Baromètre du numérique 2026 de l'Arcep, 91 % des Français de 12 ans et plus possèdent un smartphone.
Un site « responsive », qui s'adapte à l'écran, ne suffit pas. Il faut qu'il soit utilisable avec un pouce.
La correction : ouvrez votre site sur votre téléphone et vérifiez trois points.
Un numéro affiché en image, ou non cliquable, coûte des appels chaque semaine.
Un visiteur convaincu doit savoir immédiatement quoi faire. Trop de sites le laissent chercher : un lien « Contact » discret dans le menu, et rien d'autre.
L'erreur inverse existe aussi. Cinq boutons différents sur la même page, « Appelez-nous », « Écrivez-nous », « Newsletter », « Suivez-nous », « Nos actualités ». Le visiteur hésite, et l'hésitation fait partir.
La correction : une action principale par page, répétée en haut, au milieu et en bas. Et un libellé qui décrit ce qui va se passer. « Recevoir mon devis sous 48 h » est plus engageant que « Envoyer ».
Chaque champ demandé est une raison de plus d'abandonner. Les formulaires de contact demandent souvent des informations inutiles à ce stade : adresse postale, nom de l'entreprise, budget, comment vous nous avez connus.
La correction : demandez seulement ce dont vous avez besoin pour rappeler. Un nom, un moyen de contact, une description du besoin. Le reste se demande au téléphone.
Indiquez aussi sous le bouton quand la personne aura une réponse. « Réponse sous 24 h ouvrées » rassure plus qu'un long texte de présentation.
Un prospect qui ne vous connaît pas cherche des preuves avant de vous confier un chantier ou un budget. Un site sans aucune preuve, c'est une promesse sans garantie.
Les preuves qui comptent pour une entreprise locale :
Ce dernier point fait peur à beaucoup d'entreprises. Pourtant, un visiteur qui ne trouve aucune indication de prix part souvent chez celui qui en affiche une. J'explique comment le faire sans se piéger dans combien coûte vraiment un site internet pour une TPE.
C'est l'erreur qui empêche de corriger toutes les autres. Sans mesure, impossible de savoir si une modification a fonctionné.
Beaucoup de sites de TPE n'ont aucun outil de suivi installé. D'autres ont Google Analytics, mais personne ne le consulte.
La correction : mesurez seulement deux choses.
Dans Google Analytics 4, déclarez l'envoi du formulaire comme « événement clé ». Divisez ensuite les demandes par les visites : vous obtenez votre taux de conversion. C'est ce chiffre que chaque correction doit faire monter.
Ne corrigez pas tout en même temps. Vous ne sauriez pas ce qui a fonctionné.
L'ordre que je recommande, du plus rapide au plus long :
Les quatre premiers points tiennent en une journée. Si votre site cumule cinq erreurs ou plus, ou s'il est impossible à modifier sans prestataire, une refonte devient souvent plus rentable que des corrections successives.
Cela dépend du secteur, de la zone et du trafic. Plutôt qu'un chiffre de référence, suivez votre propre taux de conversion, les demandes divisées par les visites, et faites-le progresser mois après mois.
Oui, mais ils ne suffiront pas. Avec très peu de visites, le chantier prioritaire est d'abord la visibilité sur Google. Les deux se travaillent ensuite ensemble.
Pas forcément. La plupart se corrigent sur le site existant. Une refonte se justifie quand le site est impossible à modifier, très lent malgré les optimisations, ou inadapté au mobile.
Testez-le sur PageSpeed Insights, l'outil gratuit de Google, en regardant les résultats mobiles. Google recommande un affichage de l'élément principal en 2,5 secondes maximum.
Afficher un ordre de prix, même large, aide le visiteur à se projeter et filtre les demandes hors budget. Pour les prestations sur mesure, une fourchette ou un prix « à partir de » suffit.
Sources : Nielsen Norman Group, Google (étude « The Need for Mobile Speed », 2016 ; documentation web.dev), Arcep, Baromètre du numérique 2026.